Lire et se lire

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Se lire

J'ai rebaptisé l'affreux concept du nid "vide" en nid douillet.

Je prends donc soin de mon "nid douillet" pour atténuer le vertige du "nid vide".

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Magali Turis
mars 07, 2025
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Je lis et j’écris pour apprivoiser le milieu de vie, pour adoucir ces moments où notre enfant s’envole en même temps que nos repères, mais pas son empreinte. Il est temps de prioriser notre mieux-être, notre santé et de prendre le temps de fabriquer d’autres souvenirs.


À vrai dire, mon nid n’est pas tout à fait vide; mais ça dépend.

Je suis maman depuis 20 ans. La maman d’une fille unique. Ma première, et ma dernière. Je n’ai jamais remis ce statut en question.

Petite, je chouchoutais mes poupées.
À 24 ans, je câlinais mon bébé, éblouie et désarmée par cette facilité à me fondre dans ce nouveau rôle. Comme une évidence mêlée à un truc instinctif, presque animal et qu’on ignore qu’on a, parfois.

Je lui ai tout donné: mon amour, mon temps, mes joies et mes craintes, ma fatigue et mon énergie, mes jours et mes nuits.
Les 3/4 de ma vie, jusqu’ici.
Elle me le rendait en sourires et petites mains qui s’agrippent.

J’ai chamboulé un chemin d’études; mais j’ai renoncé sans pour autant subir ni me sacrifier.
Pour elle, je pouvais tout envisager.
Pourtant, sans repères ni modèles maternels auxquels me raccrocher, j’aurais pu sombrer.
Mais la petite fille qui me tendait ses bras réveillait trop celle que j’avais été; il était temps de m’en occuper.

Je lui ai donné mon amour, mon temps,mes jours et mes nuits jusqu’à l’accompagner au quotidien, année après année, dans ses apprentissages.
Je n’ai jamais eu à déposer un bisou sur sa joue devant la grille d’une école. Les papouilles et les bisous, ils étaient en libre-service, du matin au soir.

Aujourd’hui, c’est elle qui les dépose sur la mienne chaque matin avant de partir construire son indépendance.
Et, chaque matin, depuis quelques temps, j’apprivoise le délicat tournant de nos routes qui se séparent, de toutes nos habitudes tant de journées renouvelées et leurs ancrages qui ont fabriqué deux jolies décennies de souvenirs.

Elle en construit désormais d’autres, avec d’autres, ailleurs.

Quand elle referme la porte, moi j’ouvre celle de ma « nouvelle » vie. C’est un peu comme ça que je ressens les choses : j’ai besoin de cajoler mon paquet d’habitudes et de souvenirs pour leur dire que je ne les ai pas oubliés mais que désormais, j’ai besoin de temps pour me retrouver, pour en créer de nouveaux.

Pour réapprivoiser, un peu malgré moi, c’est vrai, cette liberté dont je voulais tant la gâter et qu’elle me restitue un peu plus chaque jour, en douceur.

Je n’ai pas perdu mon identité de maman; c’est juste que j’apprends à la vivre différemment.


Un avant-goût de lecture:

  • Une question d’imprégnation (et le rôle de l’ocytocine dans le line d’attachement et de détachement)

  • Le sentiment d’abandon (et les sentiments parasites)

  • Un processus de deuil

  • Fabriquer sa nouvelle boussole des besoins

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